Arriver à Hunedoara
Hunedoara est une ville industrielle assez banale. Vous roulez au milieu de vieilles usines désaffectées. Et d’un coup le château de Corvin apparaît. Ses immenses tours pointues en ardoise dépassent des toits environnants. Il a été construit il y a sept siècles par la famille Hunyadi. Le contraste avec la ville moderne en contrebas est total.
Jean Hunyadi et les fondations
Iancu de Hunedoara a transformé ce qui n’était qu’un donjon basique en véritable place forte au 15e siècle. Ce chef militaire passait son temps à repousser les armées ottomanes. Il lui fallait une base solide. Le bâtiment a ensuite grandi avec la famille Corvin pendant des générations. Chaque propriétaire a ajouté sa touche personnelle au fil des modes architecturales de son époque.
Un empilement de styles
La base est strictement gothique. Les murs sont massifs. Des balcons Renaissance ont été greffés par-dessus bien plus tard. La restauration du 19e siècle a même rajouté des éléments néo-gothiques juste pour l’esthétique. Le résultat donne un complexe de 7 000 mètres carrés. Il y a 42 salles réparties un peu partout. C’est immense. Vous allez probablement vous perdre dans les couloirs et c’est très bien comme ça. J’ai tourné en rond dix minutes pour retrouver la sortie près de la cour intérieure.
La cour et ses légendes
La cour centrale dessert les pièces principales. La Salle de la Diète impressionne par la hauteur de sa voûte. C’est là que se prenaient les décisions politiques régionales. À l’extérieur on remarque souvent un blason avec un corbeau tenant un anneau en or dans son bec. La légende locale affirme qu’un oiseau aurait volé la bague du jeune Jean Hunyadi avant d’être abattu par ce dernier. La famille a ensuite récupéré l’animal pour en faire son symbole officiel.
Dans un coin de la cour se trouve un puits de 30 mètres de profondeur. Trois prisonniers turcs l’ont creusé directement dans la roche. On leur avait promis la liberté en échange. Le travail a pris 15 ans. La promesse n’a jamais été respectée et l’eau sombre au fond du trou est toujours visible aujourd’hui.
Acheter son billet
Garez-vous sur le parking officiel situé juste avant le pont d’accès. Il coûte 15 lei pour la journée à payer en espèces. C’est pas toujours très clair mais cherchez le préposé avec un gilet jaune près de la barrière. L’entrée du château est à 40 lei pour un adulte. Le guichet se trouve à droite avant de traverser le long pont en bois soutenu par d’énormes piliers de pierre.
Les horaires changent selon les mois. Vérifiez sur leur site officiel la veille de votre passage. Évitez les week-ends d’août si vous voulez prendre des photos tranquillement. L’escalier étroit de la tour Capistrano devient vite impraticable quand un grand groupe essaie de monter en même temps.
Autour des remparts
Des tentes d’artisans s’installent souvent devant l’entrée principale pendant l’été. Ils vendent des objets en bois et de la céramique locale. Prenez un café au petit kiosque juste en face de la billetterie avant de repartir. Leurs gobelets en carton fuient un peu sur les bords mais l’espresso est à 8 lei et ça réveille bien avant de reprendre la longue route vers Sibiu ou Deva.
