Les ruines de la forteresse de Căpâlna dominent la vallée du Sebeș. L’endroit est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Vous y trouvez les restes d’une place forte construite il y a deux mille ans sous le roi Burebista pour bloquer l’avancée romaine. Les pierres de la muraille sont froides au toucher même en plein mois d’août quand le soleil cogne sur la vallée en contrebas et que l’air devient particulièrement lourd sous les arbres. L’ascension demande un peu d’effort physique. Mais le site offre un regard direct sur l’ingénierie militaire de l’Antiquité.
L’accès par la route de Sebeș
Prenez la route nationale DN 76C au départ de Sebeș. Le petit panneau en bois qui indique la direction de la forêt à l’entrée du village de Căpâlna est souvent à moitié caché par les branches. Vous pouvez vous garer près du pont. La montée fait environ deux kilomètres sur un sentier en terre très irrégulier. Les habitants de la région appellent cette crête le dealul Cetății. Les architectes daces ont simplement utilisé la pente naturelle extrêmement raide de la colline pour rendre toute attaque de front physiquement impossible pour une armée en marche.
Cinquante ans de résistance
Căpâlna verrouillait l’accès direct vers Sarmizegetusa Regia. La garnison n’a occupé les lieux qu’une cinquantaine d’années au total. Les Romains ont imposé la destruction d’une partie des murs défensifs lors du premier traité de paix de l’an 102. Les Daces ont rebâti ces mêmes murs dans l’urgence trois ans plus tard quand la seconde guerre a éclaté. Le bois de charpente coupé trop frais n’a pas suffi à consolider la pierre. Les légions de Trajan ont fini par brûler l’intégralité du complexe militaire en 106. On trouve encore des traces noires de cendres très denses dans les couches profondes du sol archéologique.
Les fouilles et les pillages
Le peuple dace n’a laissé aucun texte écrit. L’histoire du site repose donc intégralement sur les objets sortis de la terre. Les chercheurs ont exhumé des poteries décorées de motifs géométriques et quelques monnaies romaines en argent qui prouvent l’existence d’échanges commerciaux avant les conflits. Et puis il y a eu les années 1990. Des pilleurs équipés de détecteurs de métaux ont profité du chaos post-Révolution pour creuser de vastes trous un peu partout sur le plateau. Ils cherchaient principalement des bracelets en or. La topographie actuelle porte les cicatrices évidentes de ces fouilles sauvages qui n’ont jamais été rebouchées.
Les fondations et les musées
Il reste aujourd’hui la base en pierre taillée des murs d’enceinte. Vous apercevez aussi les contours carrés de la tour principale qui servait de logement permanent au commandant de la troupe. La vue porte très loin sur la rivière en contrebas. Les objets intacts récupérés pendant les vraies campagnes archéologiques ne se trouvent plus sur la colline. Ils sont désormais répartis entre les vitrines du musée municipal de Sebeș et celles du Musée National de l’Union à Alba Iulia.
Préparer la montée
Le périmètre n’est pas clôturé. Il n’y a pas de guichet d’accueil ni d’horaires d’ouverture stricts. Le sentier forestier se transforme vite en une boue très glissante après une simple averse estivale. Prévoyez des chaussures dotées de bons crampons plutôt que des baskets de ville à semelle lisse. Prenez aussi une bouteille d’eau car vous ne trouverez aucun point d’eau aménagé une fois arrivé sur le plateau. Et redescendez tous vos déchets avec vous.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.