La route de la vallée de Geoagiu se rétrécit brusquement après avoir passé les gorges. Vous finissez par arriver devant la Mănăstirea Râmeț. Ce monastère orthodoxe aux murs blancs contraste fortement avec la roche calcaire de la montagne en arrière-plan. Il fait frais dans cette cour, même en plein mois d’août, à cause de l’ombre permanente des crêtes qui bloquent le soleil une grande partie de la journée.
Les origines du site
L’historien Nicolae Iorga pensait que la construction datait de 1487. Il s’était trompé d’un bon siècle. Les fouilles ont prouvé que des moines vivaient déjà sur ce bout de terrain en 1377. Le nom du lieu vient d’ailleurs du mot râmeți. Cela désignait les pèlerins solitaires qui s’installaient dans les grottes de la vallée avant de construire le moindre bâtiment. La communauté a survécu à de multiples destructions au fil des époques en passant du statut de paroisse rurale à celui de monastère selon les autorisations du gouvernement et les armées qui traversaient la région en brûlant un peu tout sur leur passage.
L’eau sous l’autel
Une source jaillit directement de la roche et passe sous l’autel de l’ancienne église. Les fidèles l’appellent Izvorul Tămăduirii, la source de la guérison. Le bâtiment lui-même est un simple bloc rectangulaire surmonté d’une tour en pierre très massive. Les murs intérieurs racontent une longue histoire de rénovations successives. Neuf couches de fresques ont été étalées les unes sur les autres. La plus ancienne date de l’an 1400. Vous pouvez encore voir des fragments sauvés à l’époque du voïvode Michel le Brave sur l’iconostase en bois, souvent éclairés par une bougie qu’un visiteur a laissée fondre sur le rebord en métal complètement noirci.
La vie du domaine
Les religieuses gèrent une école directement sur le terrain. Elles y enseignent aux jeunes filles des villages voisins. Après 1989, la communauté a financé la construction de l’église des saints apôtres Pierre et Paul juste à côté. Le contraste est frappant quand on sort de la vieille église sombre pour entrer dans ce nouvel édifice très lumineux aux murs extérieurs impeccables. Et les moines fondateurs ont depuis bien longtemps laissé la place à une occupation exclusivement féminine.
La route pour s’y rendre
Partez de la ville de Teiuș. Il y a environ 20 kilomètres d’asphalte en bon état. Mais les horaires imprimés sur la feuille A4 collée à la gare routière changent sans prévenir. L’autre itinéraire passe par Aiud. C’est une piste de terre et de gravier sur une bonne partie de la distance. Vous risquez d’y laisser un pneu si vous roulez trop vite, la chaussée est vraiment dégradée par endroits. La vue sur le plateau de Trascău depuis le col compense largement la secousse. Si vous voulez dormir sur place, le village de Râmeț propose quelques lits chez l’habitant à deux kilomètres de là. Ne cherchez pas d’enseigne sur le bord de la route, demandez juste au premier voisin que vous croisez en arrivant près des maisons en bois.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.
Photo : Hans-Peter.Fuchs, via Wikimedia Commons
