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Château Cantacuzino : Visite d’une ancienne résidence princière à Bușteni

Je suis passé devant ce château un mardi matin de fin octobre. Le brouillard s’accrochait encore aux toits en tuiles. Le Château Cantacuzino domine la ville de Bușteni depuis la rue Zamora. Le prince Gheorghe Grigore Cantacuzino l’a fait construire en 1911 pour s’imposer face aux autres grandes familles de la région. C’est massif. Vous le voyez de loin avec ses briques rouges et sa pierre de taille.

La folie des grandeurs du Nabab

Le propriétaire initial était l’un des hommes les plus riches de Roumanie. On l’appelait d’ailleurs le Nabab. La construction a englouti une fortune. Et il n’en a pas vraiment profité puisqu’il est mort deux ans après la fin des travaux. Aujourd’hui on marche dans ces grandes pièces qui résonnent un peu trop. La famille a perdu le domaine pendant la période communiste avant de récupérer les murs dans les années 2000.

Les détails de la construction

Le style néo-roumain mélange volontairement plusieurs époques. Vous y trouverez des éléments des vieux monastères orthodoxes collés à des arcades d’inspiration byzantine. L’entrée principale en impose avec ses immenses portes en chêne sculpté. Mais si vous regardez bien les balcons de la façade arrière, le ciment s’effrite par endroits. Le contraste entre la pierre grise de la base et la brique rouge vif des étages supérieurs donne au bâtiment un aspect très lourd et ancré dans le sol, presque militaire par certains aspects.

Ce qu’on trouve à l’intérieur

Les pièces du rez-de-chaussée accueillent une exposition permanente sur le cinéma roumain. C’est lié à l’actrice Lizuca Cantacuzino qui y a vécu. Le parcours se termine par les anciennes écuries transformées en galerie d’art contemporain. L’éclairage y est particulièrement cru. Vous finirez probablement par vous asseoir au café de la cour extérieure. J’y ai payé 18 lei pour un espresso double honnête mais sans plus. La vraie valeur de cette terrasse reste la vue directe sur la grande croix des Héros au sommet de la montagne en face.

Organiser son passage

Prévoyez votre visite en matinée car les bus de tourisme se garent souvent devant l’entrée vers 11h. Le domaine ouvre ses portes à 9h00. La fermeture est fixée à 17h00 tous les jours.

Le billet d’entrée adulte coûte 35 lei au guichet principal. Les étudiants paient moins cher à condition de montrer une carte physique. La photo du justificatif sur le téléphone est régulièrement refusée par le personnel de sécurité à l’entrée.

Pour venir depuis Bucarest, le train est une bien meilleure option que la route. La nationale DN1 qui traverse la vallée de la Prahova est systématiquement bouchée le week-end. Le trajet sur les rails prend environ deux heures. Depuis la gare de Bușteni, vous avez juste à marcher 15 minutes en montée sur des trottoirs inégaux pour atteindre la grille principale.

Autour du domaine

Juste en bas de la colline, le téléphérique de Bușteni permet de monter sur le plateau des monts Bucegi. La file d’attente s’allonge très vite les jours de beau temps. Les cabines datent des années 70 et vous déposent à plus de 2000 mètres d’altitude près des formations rocheuses de Babele.

Beaucoup de visiteurs couplent cette journée avec le château de Peleș à Sinaia. Le contraste entre les deux bâtiments saute aux yeux. Peleș ressemble à un décor de conte de fées bavarois. Cantacuzino s’assume comme une forteresse de montagne avec ses matériaux bruts. Et c’est pour cette rugosité qu’il mérite qu’on s’y arrête.