Transylvania
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Citadelle de Sebeș

Citadelle de Sebeș

La route E81 traverse la ville presque brutalement. Mais juste derrière le trafic des camions, les murs de l’ancienne forteresse (Cetatea Sebeșului) sont toujours debout. Vous ne les remarquerez peut-être pas tout de suite. Les habitants ont simplement construit leurs maisons en s’appuyant directement sur les pierres du 14e siècle.

Les dimensions d’origine

Les colons saxons ont monté cette enceinte entre 1387 et 1438 pour bloquer les Ottomans. Le mur de pierre de rivière faisait 1 700 mètres de long. Sept mètres de haut. Huit tours défendaient le périmètre à l’époque et il en reste quatre aujourd’hui. L’épaisseur des murs atteint parfois 1,20 mètre. Cela explique sans doute pourquoi les promoteurs locaux des décennies passées ont préféré intégrer les ruines à l’architecture moderne plutôt que de payer des tractopelles pour tout démolir.

La Tour de l’Étudiant

Le Turnul Studentului se dresse curieusement en plein milieu de la cour du collège local. Un jeune habitant de Romos a été capturé ici lors du siège de 1438. Les Turcs l’ont emmené. Il a passé 22 ans comme prisonnier avant de réussir à fuir et de regagner la Transylvanie. Son récit de captivité a d’ailleurs été imprimé en 1477 sous le nom de Tractatus de ritu et moribus Turcorum. Ce texte a circulé dans une grande partie de l’Europe bien avant l’invention des guides de voyage modernes.

Un document royal de 1387

Et voici un détail précis des archives sur Sebeș. C’est la toute première ville de la région à posséder un acte officiel autorisant sa fortification. Le roi Sigismond de Hongrie a signé le papier en 1387. L’écusson actuel de la Transylvanie comporte sept tours rouges. Celle de Sebeș en fait partie. La bibliothèque municipale conserve des reproductions de ces vieux décrets avec les sceaux originaux abîmés par le temps.

Les vestiges dans les jardins privés

Vous devez marcher un peu au hasard pour trouver les autres morceaux du mur. La Tour des Cordonniers est coincée près du cimetière sur la rue de la Liberté. Des poules picorent littéralement à sa base. Les panneaux de signalisation du quartier sont bilingues roumain-allemand. La communauté saxonne s’est pourtant massivement exilée dans les années 90. Il ne reste qu’environ 300 germanophones en ville.

Août et le reste de l’année

La mairie organise les Zilele Cetății (les jours de la forteresse) chaque mois d’août. Ils installent une grande scène pour des concerts en plein air et les marchands vendent de la bière locale en fûts. Prévoyez de louer une voiture pour aller voir la réserve de Râpa Roșie à quelques kilomètres au nord si vous passez dans la région un autre mois. C’est une formation géologique rouge impressionnante d’une trentaine de mètres de haut. Le parking en terre battue n’est pas très bien indiqué. Cherchez juste le panneau en bois délavé près de la bretelle d’autoroute.

Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.

Photo : Levente Nuber, via Wikimedia Commons