La montée depuis le village de Colțești prend environ 45 minutes si vous marchez à un bon rythme. C’est raide. La citadelle de Trascău se dresse en haut d’une crête rocheuse dans le județ d’Alba. Le panneau indicateur en bas près du parking en gravier est à moitié effacé par le soleil. Vous êtes à 5 km de la commune de Rimetea. Arrivé en haut le vent souffle fort et le site est souvent désert les matins de semaine.
Les murs de la famille Thoroczkay
La famille locale a fait construire ces murailles vers 1240 pour repousser les invasions tatares. Vous pouvez chercher leur nom directement gravé sur la tour nord. L’édifice a passé beaucoup de temps à brûler ou à changer de mains au fil des époques. Le roi Matthias Corvin a confisqué la position en 1470 pour l’offrir au voïvode de la région. Les bâtisseurs d’origine ont fini par la récupérer bien plus tard.
Mais la révolte paysanne de Gheorghe Doja est passée par là. Les insurgés ont ravagé les fortifications au début du XVIe siècle. Et l’armée autrichienne a pris le relais au XVIIIe siècle. Ils ont occupé le site quelque temps. Au moment de se retirer ils ont simplement mis le feu au fort et au village situé dans la vallée. Les troupes d’Avram Iancu pendant la Révolution de 1848 ont détruit le peu qui tenait encore debout.
Ce qu’on voit depuis le sommet
Une fois en haut vous comprenez vite pourquoi ils ont choisi cet emplacement. La vue porte très loin. À l’est la masse de calcaire de Piatra Secuiului bloque l’horizon. Le versant ouest descend brutalement vers le Dealului Băieșilor. Les gorges de Cheile Aiudului s’ouvrent au sud avec leurs immenses parois grises.
Il n’y a pas de barrière ni de guichet. En plein mois de juillet des vaches broutent souvent librement entre les ruines en laissant des bouses qu’il faut enjamber sur le sentier étroit. Les Sicules du coin ont d’ailleurs utilisé cette hauteur pour abriter la population locale des Tatars au XIIIe siècle.
Le centre de Rimetea
Le bourg de Rimetea se trouve à cinq kilomètres de piste. Presque toutes les façades des maisons sont peintes en blanc avec des volets verts. L’endroit produisait énormément de fer au Moyen Âge. C’est tout petit. Vous y trouvez des outils d’époque et des costumes traditionnels posés derrière des vitrines un peu poussiéreuses.
La plus vieille maison du village date de 1668 et elle tient encore parfaitement debout avec son toit pointu et ses fondations épaisses qui semblent s’enfoncer doucement dans le sol meuble de la rue. L’église fortifiée trône un peu plus loin sur la route principale. L’enceinte blanche autour du bâtiment rappelle que les habitants passaient une bonne partie de leur temps à se barricader. Le petit café juste en face sert un espresso très correct mais n’accepte que les espèces.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.