Au beau milieu de la circulation
Vous roulez sur la route nationale DN1 en direction du centre de Făgăraș et vous tombez directement dessus. Pas de longue colline à grimper. La forteresse occupe le centre exact de la ville, avec les voitures qui tournent simplement autour de ses douves. C’est massif. Ladislau Apo a fait construire la première version de cette citadelle en 1310 sur les restes d’un vieux fort en terre. Elle a survécu à presque tous les conflits de la région.
De la pierre brute aux architectes italiens
Le voïvode Ștefan Mailath y a subi un siège particulièrement brutal au XVIe siècle. Et puis Mihai Viteazul a pris les lieux en 1599. C’était une étape militaire logique pour contrôler la Transylvanie. Gabriel Bethlen a ensuite complètement changé la donne. Ce prince a fait venir des artisans d’Italie pour transformer cette base militaire rudimentaire en résidence de luxe, avec des encadrements de fenêtres taillés avec une précision qui semble presque absurde au milieu de cette architecture défensive brute. Les quatre bêtes héraldiques sculptées aux angles des remparts ont perdu beaucoup de détails à cause du vent d’hiver. Elles surveillent toujours la cour intérieure.
Huit mètres d’épaisseur
Gheorghe Rackozi I ne plaisantait pas avec les attaques au canon. Il a fait doubler les murs nord et sud. Le résultat est un bloc de pierre de presque huit mètres de large qui coupe immédiatement le bruit des klaxons de la rue. Les douves ont été creusées plus profondément pour faire entrer l’eau de la rivière Olt. Le pont-levis d’origine grinçait terriblement sous le poids des chariots selon les registres de l’époque. Les soldats postés dans le corps de garde n’avaient aucune chance de rater une approche ennemie dans ces conditions.
Les anciennes cellules de stockage
Le gouvernement local a rénové l’intérieur dans les années 1950. Les immenses salles froides du rez-de-chaussée abritent aujourd’hui le Musée de la Țara Făgărașului. Ces pièces ont servi de cellules de prison pendant plusieurs périodes politiques sombres du pays. Le son résonne de façon très étrange quand on y marche avec des chaussures de randonnée. Vous y trouverez des collections d’objets saxons et d’armes médiévales rouillées. La bibliothèque municipale occupe une autre aile du bâtiment. Les habitants de la ville viennent y emprunter des romans policiers juste au-dessus des anciens cachots.
Planifier l’accès
L’entrée principale se trouve sur la Strada Mihai Viteazu. Les portes en bois massif restent verrouillées toute la journée et vous devrez vous contenter de regarder les cygnes nager dans les douves depuis le trottoir. Du mardi au vendredi, le guichet ouvre à 8h00 pile et le personnel commence à fermer les grilles à 18h00. Le week-end, l’accès s’arrête plus tôt, à 16h00. Donc prévoyez un peu de monnaie locale. Le terminal de carte bancaire du guichet perd souvent le réseau à cause de l’épaisseur des murs en pierre.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.
Photo : Kvmgz, via Wikimedia Commons
