Lăzarea est un petit village du județ de Harghita qu’on traverse très souvent sans s’arrêter. Vous y trouverez pourtant le Castelul Lazăr. Ses grands murs blancs tranchent avec le paysage agricole quand on arrive par la route 12C. La commune a eu l’idée de transformer une partie de ces ruines restaurées en véritable galerie d’art contemporain.
Les origines du bâtiment
Les fondations datent de 1450. Mais le gros des travaux a pris un temps infini. Le noble Lazăr Istvan IV a fini par signer la fin du chantier en 1632 pour s’y installer avec sa cour. Le but n’était absolument pas militaire. Il voulait surtout afficher son statut politique et sa richesse foncière dans la région. Les troupes des Habsbourg ont tout de même incendié la propriété en 1707. La famille a bricolé quelques réparations de fortune avant de plier bagage au 19e siècle. Le site est ensuite resté à l’abandon pendant des décennies sous la pluie et la neige glaciale qui frappe lourdement le bassin de Gheorgheni entre novembre et mars.
Bastions et cour intérieure
En faisant le tour par l’extérieur, vous remarquerez les quatre grands bastions d’angle. L’un d’eux possède sept côtés. C’est un détail géométrique très inhabituel pour l’architecture transylvaine de cette période. L’exploration continue à l’intérieur dans la Salle des Chevaliers. Le plafond à caissons en bois peint attire l’œil immédiatement. Les chaises massives portent les armoiries des anciennes familles nobles de la région gravées directement dans le bois. J’ai constaté que l’éclairage repose encore sur de lourds lampadaires en fer forgé qui donnent une atmosphère étonnamment froide à la grande salle, même en plein mois d’août.
La colonie d’artistes
L’aile principale a subi une grosse rénovation dans les années 1980. L’administration locale a refusé d’en faire un simple musée historique classique. Ces pièces anciennes accueillent aujourd’hui environ 150 œuvres d’art plastique. Lăzarea organise régulièrement des résidences d’artistes où les créateurs viennent travailler plusieurs semaines consécutives. Leurs meilleures toiles finissent accrochées sur la vieille pierre nue des salles du château. Donc vous marchez sur un sol vieux de quatre cents ans en regardant des coups de pinceau modernes. Le contraste est brutal.
S’y rendre et billets
Le village se trouve à une bonne heure de route au nord de Miercurea Ciuc. Ne vous fiez pas au GPS s’il vous fait tourner dans les petites ruelles en terre derrière l’église catholique. L’accès au portail se fait par la grande route goudronnée. Prenez de la petite monnaie en espèces (le terminal de paiement de la billetterie perd très souvent le réseau). La visite complète prend une petite heure. Vous aurez ensuite largement le temps de vous arrêter au café de l’autre côté de la rue pour boire une Ursus froide avant de reprendre le volant vers les montagnes.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.
