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Cascade de Bâlea : Randonnée et Réalités sur le Terrain

Je suis monté à la cascade de Bâlea un mardi de fin août. L’air sentait la roche mouillée et un peu les freins des voitures qui peinent sur les lacets de la Transfăgărășan. Avec ses 60 mètres de dénivelé, c’est la plus grande chute d’eau en escaliers de Roumanie. L’eau descend du lac glaciaire situé au-dessus et percute la pierre avec un bruit sourd qu’on entend très bien depuis la route goudronnée. Pas besoin de tendre l’oreille.

Le sentier depuis la route

Vous laissez la voiture sur le bas-côté près de la station de téléphérique, généralement après avoir donné 10 lei à un gars en gilet jaune pour le stationnement. Le chemin commence directement sous les arbres. Ça grimpe fort tout de suite. Le balisage point rouge vous guide sur un terrain plein de racines et de rochers lisses qui demandent de regarder constamment où on pose les pieds pour ne pas glisser et finir le pantalon trempé de boue grise jusqu’aux genoux. Beaucoup de touristes en baskets de ville abandonnent au bout de dix minutes. Mettez de vraies chaussures de marche. L’ascension prend une petite heure si vous avez un bon rythme et que personne ne bloque le passage dans les sections étroites.

L’alternative du téléphérique

Les câbles passent juste au-dessus de la forêt pour relier la route au sommet. Le trajet coûte 50 lei par adulte pour la montée. Mais le vent décide de tout. S’il souffle fort sur les crêtes, la cabine reste bloquée en bas et c’est fini pour l’option facile. Et l’hiver, la route Transfăgărășan ferme à cause de la neige bien avant ce point kilométrique. Le téléphérique devient alors le seul accès possible pour aller voir la cascade figée par le gel. L’eau se transforme en un gros mur de glace où quelques grimpeurs viennent planter leurs piolets le week-end.

Arriver au lac glaciaire

Le paysage s’aplatit brusquement quand vous atteignez le lac Bâlea à 2 034 mètres d’altitude. L’eau y est presque noire. La Cabana Lacul Bâlea sert des repas chauds toute la journée. Leur soupe aux haricots réchauffe vite, mais l’attente au comptoir est parfois longue le midi. C’est d’ici que partent les sentiers vers les hauts sommets des Făgăraș. Certains guides conseillent d’enchaîner directement avec la réserve d’ours de Zărnești dans la foulée. C’est pas un plan très réaliste. La réserve est à plus de deux heures de route en redescendant la montagne vers l’est. Gardez plutôt ça pour le lendemain.

Organisation et météo

La fenêtre pour faire cette marche au sec est assez courte. La route ouvre fin juin et ferme à l’automne. Vous avez en gros trois mois pour profiter du sentier. Prenez une veste imperméable même si le soleil tape fort dans la vallée. Il fait souvent 15 degrés de moins en altitude et les nuages s’accrochent aux parois rocheuses sans prévenir, donc c’est pas le moment de se retrouver en t-shirt sous la pluie froide. L’idéal est de commencer à grimper avant 9 heures pour éviter les embouteillages humains sur le sentier et avoir une lumière correcte sur la paroi d’eau.