Un arrêt sur la route E81
Lancrăm se trouve juste à côté d’un axe routier très fréquenté. Vous roulez depuis Alba Iulia et une petite maison traditionnelle blanche attire le regard sur la rue Ulița Veche. Lucian Blaga y est né en 1895. Les pierres de la cour sont inégales. La pluie de la veille y laisse souvent de petites flaques sombres. Ce bâtiment abrite l’histoire d’un grand auteur roumain. Juste une cour en terre battue et des murs épais.
L’histoire d’un rachat complexe
Le grand-père de la famille possédait cette ferme rurale. À la mort du père de Blaga, les dettes s’accumulent rapidement. La mère doit vendre la propriété en 1908. Les nouveaux acheteurs modifient l’agencement des pièces au fil des décennies. Et l’aspect d’origine disparaît presque totalement sous les ajouts modernes. L’État roumain finit par racheter les murs en 1995.
Les travaux de restauration ont duré presque trois ans. Les architectes ont utilisé le livre autobiographique de l’écrivain pour replacer chaque porte au bon endroit. Le résultat donne une idée très concrète de la vie en Transylvanie au début du siècle dernier, avec ses toits pointus et ses charpentes massives.
L’intérieur des pièces à vivre
C’est pas un musée avec des écrans interactifs. L’intérieur sent le vieux bois de noyer. Vous marchez sur des planchers qui craquent fortement sous les chaussures. La fondation locale a récupéré beaucoup de meubles originaux en allant frapper aux portes des voisins. Il y a un vieux poêle en faïence dans le coin de la pièce principale. Des objets du quotidien sont simplement posés sur les tables en bois.
Des lettres personnelles écrites à l’encre noire sont exposées sous verre. On y trouve aussi ses lunettes rondes. Dans ses textes, Blaga parlait d’une cave humide pleine de têtards et d’un immense mûrier sous lequel la famille mangeait. L’arbre actuel projette une ombre dense sur la façade sud passé 14 heures.
Le festival du mois de mai
Chaque année au printemps, le village organise un festival international en son nom. Les ruelles étroites se remplissent de voitures. Donc si vous venez à cette période, garez-vous un peu plus loin près de l’église orthodoxe. Des auteurs viennent lire leurs textes dans la cour de la maison. Les organisateurs installent des rangées de chaises pliantes en plastique directement sur le gazon. Le gardien à l’accueil ne prend pas la carte bancaire, il faut absolument prévoir de la petite monnaie. Le trajet prend environ dix minutes en voiture depuis le centre de Sebeș. Prenez le temps de regarder les fondations en pierre depuis le trottoir d’en face avant de repartir. Le trafic sur la route principale couvre parfois la voix du guide. C’est une visite courte. Elle ancre l’œuvre littéraire de Blaga dans une réalité très paysanne.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.
