Le village de Sâmbăta de Sus marque la fin de la route carrossable au pied des monts Făgăraș. C’est ici que se trouve le monastère Brâncoveanu. Oubliez les grands discours touristiques sur la magie de la Transylvanie. La réalité physique du lieu est très concrète. Des pierres froides et un vent de montagne qui descend directement des sommets, même si vous venez au milieu du mois de mai.
Fondations et destructions
Preda Brâncoveanu a d’abord monté une église en bois sur ce terrain. Son fils Constantin a pris le relais au 17e siècle pour tout refaire en maçonnerie lourde. Mais les murs n’ont pas résisté à l’artillerie autrichienne. L’armée des Habsbourg a complètement rasé le complexe en 1785. Les ruines ont disparu sous la végétation pendant 141 ans.
La reconstruction a finalement été financée par l’Église orthodoxe roumaine au siècle dernier. Le chantier s’est terminé en 1946. Pile après la guerre.
Le style Brâncovenesc en pratique
Vous repérez immédiatement les énormes blocs de pierre taillée sur les façades extérieures. L’entrée s’effectue par une porte en chêne massif qu’il faut pousser avec force quand l’humidité fait gonfler le bois. Une fois à l’intérieur de la cour, l’agencement est strictement fonctionnel.
L’organisation de l’enceinte
Le clocher renferme cinq cloches coulées à Vienne. Elles pèsent deux tonnes au total et dictent l’emploi du temps des moines. Les murs de l’église principale affichent les portraits des fondateurs et une icône très spécifique de la Vierge Marie.
Le reste des bâtiments obéit à la logique monastique. Les moines dorment au rez-de-chaussée. La grande bibliothèque théologique occupe l’aile nord. L’accès y est interdit au public. L’aile sud abrite une deuxième église construite à l’étage supérieur pour les offices d’hiver.
La collection sous verre
Un bâtiment récent regroupe le musée du complexe. Les moines y exposent des icônes peintes directement sur verre. C’est une méthode locale très pratiquée aux 18e et 19e siècles.
La route depuis Brașov
Sâmbăta de Sus se trouve à 80 kilomètres de Brașov. Aucun bus public ne dessert le site. Vous devez louer une voiture ou payer un chauffeur à la journée.
Faites attention sur les derniers kilomètres de la route DJ105B. Les tracteurs dégradent souvent l’asphalte près des fermes. Un grand parking en gravier gratuit vous attend devant le portail principal.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.
Photo : Levente Nuber, via Wikimedia Commons
