Vous repérez cette masse de pierre très vite quand vous conduisez sur la route E60 entre Brașov et Sighișoara. La citadelle est littéralement posée sur un immense rocher volcanique qui domine toute la plaine. Les Saxons l’appelaient Kuholm. La colline de la vache. Le vent souffle presque toujours là-haut. Prévoyez une veste même si le thermomètre de votre voiture de location affiche plein soleil en traversant le village en contrebas.
Des murs construits sur d’autres murs
L’endroit contrôle visuellement l’ancienne route commerciale principale de la région. C’est pour cette raison stratégique absolue que le site a été constamment modifié et fortifié par ses différents occupants. Certains historiens locaux pensent d’ailleurs qu’il s’agit de l’ancienne Ramidava des Daces.
Mais les murs les plus visibles aujourd’hui commencent avec le XIVe siècle. Les Saxons s’y sont barricadés en 1324 pour échapper à la colère du roi de Hongrie. La population locale a ensuite passé les quatre cents années suivantes à ajouter des remparts concentriques pour se protéger des raids réguliers. Les archéologues ont même remonté des silex taillés du Néolithique en fouillant la terre pendant les gros travaux de consolidation de 2010.
La montée des trois enceintes
La visite physique vous fait traverser trois zones distinctes qui correspondent aux grandes époques d’agrandissement. L’ascension grimpe en spirale.
La Ville Basse
Vous entrez directement par l’ajout le plus récent après avoir quitté le parking. Cette grande cour du XVIIIe siècle servait de refuge de dernière minute pour les paysans locaux qui voyaient une armée approcher au loin. L’herbe y est complètement grillée dès la mi-juillet. L’espace intérieur est vraiment vaste.
La Ville Médiane
Et soudain le chemin se rétrécit brusquement pour passer dans la section des XVe et XVIIe siècles. Vous marchez vers la petite chapelle et la Tour des Éclaireurs. Les meurtrières de cette tour ont été taillées très précisément pour offrir des angles de tir croisés sur la vallée.
La Ville Haute
C’est la partie primitive et ça tire fort sur les mollets pour l’atteindre. Les vieux pavés inégaux glissent beaucoup si la brume matinale ne s’est pas encore levée. La vue porte sur des dizaines de kilomètres de forêts denses et de toits rouges. Vous comprenez immédiatement pourquoi le premier groupe qui est monté ici s’est dit que c’était l’emplacement parfait pour construire un fort.
Le stationnement et les billets
Le guichet à l’entrée facture le billet adulte à 15 lei. Ils prennent la carte bancaire directement. Les portes s’ouvrent à 9h00. Allez-y un mardi matin à l’ouverture et vous marcherez dans les ruines dans un silence total.
Comptez une petite heure pour faire la boucle complète en marchant à votre rythme. Tout le parcours a été lourdement sécurisé avec des fonds européens il y a une dizaine d’années. Des garde-corps en bois encadrent les passages les plus abrupts. Le distributeur de café automatique posé près des toilettes extérieures avale très souvent les pièces de 50 bani sans donner de gobelet.
Sighișoara se trouve à 45 minutes de route plus au nord. Donc vous pouvez facilement enchaîner les deux arrêts dans la même matinée. Le village de Viscri est encore plus proche si vous n’avez pas peur de prendre une route départementale un peu cabossée qui serpente entre les champs de maïs et les charrettes à cheval jusqu’à l’église blanche.
