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La grotte de Merești

La route 13A depuis Miercurea Ciuc est correcte jusqu’à Vlăhița. Ensuite la chaussée se dégrade sensiblement vers le village de Merești. La Peștera Merești est la plus vaste des 50 cavités des Gorges de Vârghiș. Ce réseau karstique perce la roche des Monts Perșani de part en part. Pas de fioritures touristiques ici. Vous marchez dans la boue argileuse et vous explorez avec vos propres moyens.

L’accès par le rocher des merveilles

L’entrée se repère sur la paroi droite du canyon. Elle se situe juste au niveau d’un vieux pont suspendu en bois. Il faut grimper une échelle métallique verticale pour atteindre l’ouverture. Les barreaux sont souvent froids et glissants à cause de l’humidité du ravin. Et on arrive directement dans une cavité sombre de très grande taille. Les habitants appellent ce secteur précis la Stânca Minunilor. Il manquait deux dents à son sourire.

Vestiges humains et chauves-souris

Le sol à l’intérieur est particulièrement inégal. On remarque tout de suite un mur de fortification monté en pierres sèches près du seuil. Des familles entières de la région s’y cachaient autrefois pendant les invasions successives. Les archéologues ont sorti des ossements préhistoriques de cette même terre glaise au siècle dernier. Aujourd’hui l’odeur dominante est celle du guano frais. Des centaines de chauves-souris dorment collées au plafond. Elles volent parfois très bas et frôlent les casques des visiteurs maladroits.

La cartographie de Fekete István

La cavité principale s’enfonce sur presque un kilomètre sous la montagne. La deuxième grande salle porte le nom de Fekete István. Ce spéléologue a dressé un plan complet du réseau souterrain en 1835. Ses mesures sur le terrain étaient tellement précises qu’on pourrait s’en servir aujourd’hui pour naviguer dans les galeries secondaires. Il a fait imprimer un livret de 16 pages l’année suivante. Deux exemplaires seulement existent encore dans le monde, dont un conservé dans les archives d’Odorheiul Secuiesc. Tout au fond du conduit, l’eau a incrusté de minuscules fragments minéraux brillants dans le calcaire. C’est ce que les vieux du village nomment une « comara ».

Ce qu’il faut prévoir avant d’entrer

L’obscurité devient totale à partir de trente mètres. Oubliez immédiatement la torche de votre téléphone. L’humidité stagnante absorbe la faible lumière et le froid vide la batterie à une vitesse anormale. Prenez une vraie lampe frontale puissante pour voir où vous posez les pieds. Le sol tache les vêtements de manière tenace. Mettez un vieux pantalon de randonnée que vous n’avez pas peur de salir. Il y a bien une deuxième entrée qui a été récemment déblayée par des bénévoles. Mais le passage historique par l’échelle reste beaucoup plus pratique d’accès. L’absence d’aménagement artificiel rend la progression physique. Vous allez transpirer sous votre veste imperméable en essayant de franchir les gros blocs effondrés.

Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.