Si vous prenez la nationale 19 depuis Satu Mare, vous tombez sur les restes de la forteresse d’Ardud en moins de vingt minutes. Pas de grand comité d’accueil. Juste une tour en briques qui dépasse des arbres au-dessus du village. Cette structure défensive de la fin du XVe siècle a pourtant abrité une garnison militaire massive.
Le bastion de Bartolomeu Dragfi
C’est un voïvode de Transylvanie qui a fait lever ces murs en 1480. Bartolomeu Dragfi voulait une base de repli stricte. Quatre tours principales protégeaient une cour capable d’avaler 1500 combattants. C’était énorme pour l’époque. On dit que le site repose sur un ancien fort dace. Personne n’a vraiment fouillé les niveaux inférieurs pour le confirmer. Les fondations d’origine sont de toute façon complètement enterrées sous les remaniements successifs.
La récupération des briques
Le comte Sándor Károlyi a bien essayé de s’approprier le site en 1730 pour y construire son propre château. Ça n’a pas tenu bien longtemps. Les habitants d’Ardud ont fini par se servir directement dans les murs. C’était une carrière de pierre gratuite à ciel ouvert. Une bonne partie des vieilles maisons du village contient des briques taillées en 1480, récupérées au fil des décennies par des fermiers qui n’allaient pas s’amuser à payer des matériaux neufs quand une énorme ruine traînait juste à côté. Aujourd’hui il reste une seule tour crénelée au bout d’un petit chemin en herbe. Prévoyez des chaussures fermées car la boue s’installe vite après une averse.
La crypte et l’autel déplacé
L’autel de la chapelle a survécu à la destruction. Sur place à Ardud, les locaux parlent surtout des caves. Une fille y serait morte enfermée au Moyen Âge. La légende locale affirme qu’un homme doit descendre dans le noir absolu et lui donner trois baisers sans se retourner pour la libérer. Et puis il y a Sándor Petőfi. Ce poète hongrois s’est marié ici en 1847 avec Julia, la fille de l’intendant du domaine. Un monument en pierre marque l’endroit exact de la cérémonie près de la rivière Homorod.
L’accès au site
L’entrée est totalement gratuite. Vous garez votre voiture sur le parking en gravier juste en bas de la butte. Le tour se fait en vingt minutes à peine. Vous montez le petit talus. Une fois en haut on fait très vite le tour de la tour avec son toit pointu refait à neuf. Il n’y a pas de billetterie ni de toilettes. Prenez un café au distributeur de la station-service d’en face avant de reprendre le volant vers le nord.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.
