L’arrivée rue Kós Károly
Le GPS vous lâche souvent près du parc central. Il faut marcher quelques minutes vers le nord pour tomber sur le numéro 10 de la rue Kós Károly. Le bâtiment se repère de très loin. Il est entièrement blanc. Ses lignes verticales et son toit très pointu rappellent directement l’architecture des forteresses médiévales. Vous passez une immense porte en bois sculpté pour entrer dans la cour principale. La gardienne à l’accueil parle un mélange de roumain et de hongrois selon la personne qui se présente au guichet. Ce grand complexe date de 1875, ce qui en fait l’un des plus vieux musées de la région.
À l’intérieur du bâtiment
L’architecte Károly Kos a dessiné cet endroit, et son buste en pierre trône d’ailleurs directement sur l’escalier principal en bois massif. Le parquet grince un peu sous les pieds quand on monte à l’étage. Les salles sont lumineuses et divisées par de grandes arcades nues. Et l’ambiance y est extrêmement silencieuse. Parfois presque trop. Les vitrines s’enchaînent sans l’interactivité bruyante qu’on trouve dans les musées plus modernes. C’est reposant.
Les collections historiques
La pièce maîtresse de la bibliothèque est le Codex Apor. Ce manuscrit du début du XVIe siècle contient les psaumes de la toute première traduction de la Bible en hongrois. Le vieux papier jauni repose sous un éclairage très faible pour le préserver de la dégradation. Plus loin se trouve la section d’histoire naturelle. Il y a environ 60 000 spécimens entassés ici. Vous y verrez des ossements de grands mammifères du Quaternaire côtoyer d’interminables rangées de papillons épinglés, une disposition dense qui rappelle vraiment les cabinets de curiosités d’un autre siècle.
Mais la partie ethnographique retient beaucoup plus l’attention. On y trouve de vieux costumes traditionnels sicules et du mobilier paysan très massif. Les portes funéraires en bois sculpté prennent une place énorme dans la salle. La section archéologique située au fond du couloir expose quant à elle des pointes de flèches scythes. La culture locale d’Ariușd y est aussi très largement documentée. Ne cherchez pas de café directement dans l’enceinte ou dans la cour. Il vaut mieux redescendre à pied vers le centre-ville pour trouver de quoi boire un verre. Le stationnement dans la rue Kós Károly est gratuit le week-end. En semaine il faut chercher une place dans les petites rues perpendiculaires et payer à l’horodateur. Beaucoup de visiteurs étrangers ignorent totalement l’existence de ce grand bâtiment blanc, préférant tracer directement en voiture vers Brașov ou les stations balnéaires du sud du județ de Covasna sans s’arrêter.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.
