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Musée Ethnographique de Lupșa

Je suis passé devant ce bâtiment blanc à étage au moins trois fois avant de comprendre qu’il était ouvert au public. La route nationale 75 traverse la vallée de l’Arieș avec son flux quotidien de camions grumiers. Vous conduisez en faisant attention aux nids-de-poule. Et soudain vous tombez sur cette façade traditionnelle. Le musée ethnographique de Lupșa regroupe plus de huit mille objets historiques documentant la vie locale, entassés dans deux maisons distinctes du village.

Sur la route de Baia de Arieș

Il faut compter une bonne heure et demie de route depuis Alba Iulia pour parcourir les 100 kilomètres qui montent dans la vallée. La bâtisse d’origine date du XIXe siècle. L’architecture en bois et en pierre est massive. L’espace a fini par manquer au fil des décennies pour stocker les nouvelles acquisitions de la commune, nécessitant l’ouverture d’une annexe un peu plus loin sur la même rue.

L’obsession de Pamfil Albu

L’instituteur du village a passé sa vie entière à récupérer le matériel agricole et les objets du quotidien des habitants de la région. Pamfil Albu a fondé ce lieu de toutes pièces. Il a commencé à chiner des haches en pierre bien avant la Seconde Guerre mondiale. L’État roumain a officiellement récupéré la gestion de la collection en 1952. Mais Albu a continué à l’enrichir frénétiquement jusqu’à son décès survenu juste après la Révolution de 1989. C’était l’œuvre d’un homme acharné. Les vitrines en bois sombre portent encore la marque de cette accumulation un peu folle où le moindre outil en fer forgé méritait d’être conservé pour les générations futures.

Ce qu’on trouve dans les salles

Une odeur tenace de vieux bois flotte dès le hall d’entrée. Prévoyez de l’argent liquide. Le terminal de paiement par carte perd régulièrement le réseau mobile dans cette partie encaissée de la vallée.

Les premières pièces du rez-de-chaussée documentent les techniques d’extraction traditionnelle de l’or. La région des Moți a longtemps vécu de l’exploitation minière souterraine. Plus loin dans la visite, on tombe sur des objets assez improbables. Vous verrez notamment des peignes à cheveux fabriqués avec des épines de hérisson. Une lourde chaîne agricole attire souvent l’attention car elle a été entièrement taillée dans un seul bloc de bois massif, sans aucun assemblage.

Au premier étage, les vêtements en lin et en chanvre occupent une place centrale. Les broderies sont d’origine. On y trouve aussi la table autour de laquelle Avram Iancu a organisé ses troupes pendant les soulèvements de 1848. Un drapeau original de la Grande Union de 1918 rapporté d’Alba Iulia traîne dans une vitrine voisine à côté de quelques livres religieux dont la reliure tombe en poussière.

L’organisation de la visite

Il y a très peu d’explications en anglais ou en français sur les murs. Vous devrez deviner l’usage exact de certains outils bizarres posés dans les coins. Tout est brut. Les objets sont simplement posés là devant vous sur des étagères. Comptez une petite heure pour faire le tour complet des deux bâtiments si vous prenez le temps de regarder les collections de monnaies anciennes.

Les salles sont très mal isolées. Gardez absolument votre manteau sur le dos si vous venez visiter la région en novembre.

Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.