Vous prenez la route départementale DJ 153 C depuis Reghin et au bout d’une petite demi-heure, vous apercevez la colline principale à 500 mètres d’altitude. L’ascension à pied pique un peu les mollets. Mais la vue en haut justifie l’effort. Le site n’est pas du tout aménagé. Vous marchez directement sur les fondations d’une forteresse qui a vu passer plusieurs empires. C’est brut.
De l’avant-poste romain au château fort
Les légions romaines cherchaient un point de vue dégagé pour surveiller la frontière est de la Dacie. Ils ont construit un castrum ici pour bloquer les tribus barbares. Quand l’empire a retiré ses troupes au troisième siècle, le sommet a été complètement abandonné pendant presque mille ans. Et puis l’importance militaire du lieu est redevenue évidente.
Au treizième siècle, les seigneurs de Transylvanie ont fait remonter des centaines de tonnes de grosses pierres de rivière depuis la vallée en contrebas pour assembler une véritable citadelle. Les murs abritaient des zones d’habitation très denses et un énorme fossé inondable protégeait l’entrée. Le tracé de la tranchée principale se devine encore très bien sous la végétation sauvage, on imagine sans peine l’eau qui devait stagner là.
La destruction de 1708
Sous l’administration hongroise aux XVIe et XVIIe siècles, Gurghiu contrôlait vingt-sept villages. C’était un domaine immense. Le comte des Sicules y siégeait pour administrer la région d’une main de fer, collectant l’impôt de toute la vallée. Tout s’est arrêté net pendant la guerre des Kurucs. Le conflit a ravagé la zone en 1708 et laissé les remparts en miettes.
Aujourd’hui on tombe nez à nez avec une étrange chapelle plantée au milieu de nulle part. Elle a été maçonnée bien plus tard, en récupérant directement les blocs taillés de l’ancienne forteresse effondrée. La porte reste verrouillée en permanence. Personne n’y célèbre plus la messe depuis des lustres et les habitants murmurent une vieille histoire sur la mort violente de son dernier prêtre, sans que personne ne sache vraiment de quoi il s’agit.
Conseils pratiques pour la visite
N’espérez pas trouver une billetterie ou des toilettes sur place. Il n’y a même pas un panneau explicatif lisible à l’entrée du chemin. Le terrain est libre d’accès et souvent balayé par un vent assez froid. Si vous passez dans le coin au mois de mai, continuez votre route jusqu’à la Poiana Narciselor. Des milliers de jonquilles sauvages poussent naturellement dans cette clairière forestière, l’odeur est extrêmement forte.
Pour dormir, Reghin reste la base la plus logique. Vous pouvez aussi chercher une pension agricole directement dans la commune de Gurghiu pour manger des produits locaux. L’accueil y est rustique mais le chauffage au bois fonctionne très bien en arrière-saison.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.