La route goudronnée s’arrête là. Il faut marcher environ cinq kilomètres sur un chemin de terre très inégal pour atteindre la Citadelle Negru Vodă. Vous allez transpirer. Il n’y a pas de guichet d’accueil au sommet ni de panneau d’information. Juste un tas de pierres dominant la dépression de Făgăraș. Et le vent souffle presque toujours fort sur cette crête.
Les fondations daces
Des archéologues ont fouillé cette colline dans les années passées et ont sorti de terre des morceaux de pots en céramique du premier siècle. Sous la forteresse médiévale se cachent les restes d’une ancienne place forte dace faite de terre compactée. Mais les bâtisseurs du treizième siècle ont fait au plus simple. Ils se sont directement installés par-dessus l’ancienne structure pour monter leurs propres défenses.
L’architecture militaire
Deux grosses tours dominent encore le site. Le donjon nord possède des murs de deux mètres d’épaisseur pour un espace intérieur de seulement 250 centimètres de large. C’est claustrophobe. La deuxième tour trompe l’œil depuis le sentier en contrebas. Elle a l’air parfaitement ronde à l’extérieur. Entrez à l’intérieur et vous remarquerez une forme hexagonale assez inhabituelle. L’influence vient directement des seigneurs de Valachie. Autour de ces structures principales court un mur de pierre délimitant un périmètre de 80 mètres avec des levées de terre successives qui obligeaient les attaquants à ralentir sous les flèches.
Le mystère du fondateur
Les habitants de Breaza vous diront que le voïvode Negru Vodă a personnellement ordonné la construction de la place forte. Les archives officielles ne valident absolument pas cette théorie. Les registres de l’époque restent totalement muets. Le complexe a d’ailleurs été abandonné au quinzième siècle. On suppose que le simple déplacement des frontières régionales a rendu cet avant-poste inutile du jour au lendemain.
La logistique de la montée
Le parking improvisé dans l’herbe à Breaza de Brașov se transforme en vraie patinoire de boue s’il a plu la veille. Mettez des chaussures de randonnée avec de vrais crampons. Le fort dénivelé sur les derniers mètres fait glisser les semelles lisses sur la roche humide. Emportez aussi votre propre eau. Une fois en haut, marchez prudemment sur le bord du mur ovale qui s’effrite par endroits et laisse voir le vide en dessous sans la moindre barrière de sécurité pour vous retenir.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.