En plein centre-ville d’Aiud, dans le județ d’Alba, la circulation s’arrête net aux abords de la citadelle. Vous passez le porche d’entrée en pierre et le bruit des moteurs de la Strada Cuza Vodă disparaît. L’enceinte couvre un peu plus de trois mille mètres carrés. C’est grand. Et c’est surtout l’une des plus vieilles forteresses urbaines de Roumanie.
Les fondations romaines et les Saxons
Les habitants du quartier affirment souvent que la construction a commencé avant les invasions tatares de 1241. Les documents officiels donnent une autre version. Des colons saxons ont simplement bâti une église fortifiée au XIVe siècle pour se protéger. Le vrai complexe défensif est arrivé beaucoup plus tard. Au XVIIe siècle, on a posé les grands murs d’enceinte sur les restes d’un ancien camp romain. Les briques rouges d’origine ressortent encore par endroits sous le crépissage.
Les tours des artisans
À l’origine, un fossé inondé bloquait l’approche du mur d’enceinte. La défense s’appuyait sur neuf tours aux formes géométriques asymétriques (quatre, cinq ou sept côtés). Mais ce n’était pas l’armée régulière qui montait la garde. Chaque tour portait le nom de la guilde d’artisans locale qui devait la financer et la protéger. La Tour des Bouchers côtoie celle des Serruriers. Pour passer de l’une à l’autre, les gardes de nuit empruntaient un chemin de ronde intérieur en bois. Aujourd’hui l’accès à ces escaliers est condamné par une simple grille rouillée fermée avec un cadenas.
Le palais du gouverneur
Le prince Gabriel Bethlen dirigeait la Transylvanie depuis le bâtiment planté au milieu de la cour. Son ancien palais sert aujourd’hui de musée d’histoire à la ville. L’exposition principale rassemble surtout des fouilles archéologiques locales. Juste à côté s’élève l’immense église réformée calviniste avec son architecture gothique massive, vieille de cinq cents ans. Une deuxième église s’est rajoutée au complexe au XIXe siècle. Elle est luthérienne et ses murs frôlent presque la bordure ouest de la forteresse.
L’effondrement près de la Tour des Tonneliers
L’ensemble manque d’entretien. Le vieux mortier s’effrite vite lors des fortes pluies de novembre. Récemment, une portion entière de maçonnerie s’est écroulée près de la Tour des Tonneliers. Les grosses pierres sont restées sur l’herbe un bon moment avant que la zone ne soit sécurisée. Le ministère de la Culture a fini par annoncer un projet de rénovation chiffré. Il était temps. Les dernières véritables restaurations du site datent d’il y a plus de 35 ans.
Sortir de la ville
Une fois sorti des remparts, vous pouvez prendre la route DJ107M pour rejoindre les gorges de l’Aiud. L’asphalte est plein de nids-de-poule sur les cinq premiers kilomètres. Les hautes falaises calcaires encadrent la route et l’air y est nettement plus frais que sur le goudron du centre urbain. Vous trouverez aussi les sentiers forestiers de la réserve de Pădurea Slobodă si vous cherchez simplement à marcher dans les bois en fin d’après-midi.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.