Des lycéens traînent contre un immense mur de briques et de pierre. C’est la citadelle. Les brochures touristiques parlent beaucoup de l’histoire complexe du județ de Harghita, mais la réalité locale se lit directement sur ces fondations usées.
Le projet militaire
Le roi Vladislav II ordonne la construction d’un avant-poste ici vers 1490. Les Sicules locaux détestent l’idée. Ils tiennent fermement à leur indépendance. Leurs protestations bloquent le chantier net. Des moines dominicains finissent par s’installer dans les murs inachevés pendant une soixantaine d’années. Mais une nouvelle révolte éclate en 1562. Le prince Jean Sigismund décide alors de terminer la forteresse pour de bon parce qu’il fallait bien montrer qui commandait dans la région après ces émeutes. Les maçons achèvent le travail en 1565.
Les destructions successives
L’endroit subit l’attaque frontale de Michel le Brave en 1599. Gabriel Bethlen répare les dégâts un peu plus tard. Le domaine change ensuite de mains en permanence. La famille Kornis l’achète. L’épouse du prince Rákóczi l’occupe également un temps. L’année 1711 marque la fin définitive de son rôle défensif. Le traité de paix de Satu Mare impose la destruction d’une grande partie des remparts. Les habitants la rebaptisent très vite Cetatea Ciuntă. La citadelle mutilée.
Une école sur des ruines
Donc la ville finit par racheter le terrain aux Kornis en 1852. Les autorités décident d’y construire le Lycée Royal d’État à la fin du XIXe siècle. Le Groupe Scolaire Agricol Eötvös József occupe les bâtiments aujourd’hui. Des salles de cours informatiques et agricoles remplacent l’ancienne cour d’armes.
L’accès au site
Le complexe se trouve juste au sud de la Piața Libertății. Gardez en tête qu’il s’agit d’un lycée normal. Vous pouvez pas entrer dans les couloirs pendant les heures de cours. Restez dans la cour extérieure pour observer l’architecture renaissance. Le gardien vous laisse généralement faire le tour de l’enceinte si vous restez discret. Demandez au bureau d’information touristique du centre-ville pour connaître les horaires d’accès complet pendant les vacances d’été.
Texte adapté et photos reprises de l’ancien site turism-transilvania.ro, via les archives Internet Archive.
Photo : Andrei kokelburg, via Wikimedia Commons
